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Spectacles de sensibilisation au handicap en entreprise

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OH my coach ! a reçu le prix de la création d'entreprise par un travailleur handicapé ATOS Système intégration en 2012. Interview de sa référente handicap : Flore Launay

Publié le 7 février 2015 à 2:25

Chargé de mission handicap, “un métier de conviction”


Maintenir dans l'emploi les travailleurs handicapés et sensibiliser le public. C'est la vocation de Flore Launay, coordinatrice de la mission handicap de la société informatique Atos. 

Flore Launay a rejoint la mission Emploi Handicap d’Atos à sa création, début 2009. "C’est un métier de conviction", affirme la coordinatrice de la mission, une quadra dynamique qui parle de son boulot avec ferveur. Son rôle? Faciliter le recrutement et le maintien dans l’emploi de travailleurs handicapés au sein de sa société. Et, plus largement, sensibiliser étudiants, entreprises et associations à la question du handicap. 

Comme toutes les structures de plus de 20 salariés, Atos est soumise à une obligation d’emploi d’au moins 6% de travailleurs handicapés. Mais dans ce groupe spécialisé dans l’informatique, un secteur qui a déjà globalement du mal à recruter, c’est loin d’être évident. "La quasi-totalité de nos recrutements se font au niveau Bac+4 ou Bac+5, or 80% des personnes handicapées ont un niveau inférieur au bac", constate-t-elle. Atos n’emploie ainsi que 2,04% de personnes handicapées. Loin des 6%, mais au-dessus du taux de 1,2% de l’ensemble du secteur du numérique. "Mon job, c’est de travailler en profondeur, presque en souterrain. Les retombées ne seront pas forcément pour demain. L’important, ce n’est pas juste les 6%, c’est comment y arriver", analyse Flore Launay. 

D’où son implication dans des programmes comme Hanploi & School, qui vise à former des référents handicap dans l’enseignement supérieur. Elle se rend notamment dans des écoles et universités pour parler du handicap et de la diversité au sens large, afin de sensibiliser les futurs cadres. "Je m’adresse aux responsables communication, RH ou managers de demain, explique-t-elle. Il faut dédramatiser la question et sortir des stéréotypes du fauteuil roulant et de la canne blanche". Déficience auditive, dépression, diabète… 80% des handicaps sont en effet invisibles.

 

Pas de discrimination positive 

Flore Launay n’intervient pas dans le recrutement des travailleurs handicapés. Atos refuse la discrimination positive et embauche en fonction des compétences. "Ce n’est pas parce que Pierre est en situation de handicap que nous allons le recruter par rapport à Paul", schématise-t-elle. Elle intervient en revanche à partir de la prise de poste. Si le travailleur a besoin d’aménagements (seuls 15 à 20% sont concernés [PDF]), la coordinatrice de la mission Emploi Handicap va mettre en place les installations nécessaires, grâce aux recommandations du médecin du travail.

L’entreprise a édité un guide de compensation, qui recense toutes les aides proposées. "Les salariés handicapés eux-mêmes ne savent parfois pas de quel aménagement ils ont besoin", note Flore Launay. La période d’essai est donc importante pour faire d’éventuels ajustements. "Il n’y a vraiment qu’en situation de travail que l’on peut savoir ce dont on a besoin", insiste-t-elle.

Or "certains sont parfois tellement motivés, tellement contents d’avoir trouvé un emploi, qu’ils se censurent: ils ne disent pas qu’ils ne vont pas bien et tirent sur la corde. Je leur dis: ‘N’ayez pas peur de dire que ça ne va pas’. Si un travailleur met son handicap entre parenthèses pendant trois mois et pose un arrêt de travail juste après sa période d’essai, cela va renforcer l’a priori négatif du manager". Et de rappeler que l’absentéisme n’est pas plus élevé chez les travailleurs handicapés que chez les autres (selon un sondage Louis Harris pour l’Agefiph et l’Adapt, [PDF]). 

Atos qualifie d’axe majeur la question du maintien dans l’emploi de salariés qui deviendraient handicapés. Elle a notamment créé la cellule Handicip’actions, qui réunit des travailleurs sociaux, managers, responsables RH, experts extérieurs, etc. afin de trouver des solutions pour une personne longtemps éloignée de l’emploi ou dont on viendrait de reconnaître l’inaptitude à son poste, par exemple.

Former les collaborateurs en interne


Enfin, la sensibilisation des salariés valides constitue un enjeu important dans les missions de Flore Launay, dont l’objectif est de mettre en place un réel "projet d’entreprise". Atos propose donc, en interne, des modules de formation, des quizz et une campagne de sensibilisation, Hansemble. Pour intéresser les employés, la coordinatrice mise sur le côté ludique: démonstration de tir à la carabine par l’athlète paralympique aveugle Thomas Clarion, composition du menu du restaurant d’entreprise par le candidat de Top Chef Grégory Cuilleron, ateliers autour des jus de fruits pour parler du diabète… "Il faut faire passer les messages en créant un lieu d’échanges", plaide Flore Launay.

 Pour que la sauce prenne, assure-t-elle, "il faut avoir une direction engagée, afin que toute la ligne managériale le soit aussi". Là-dessus, elle assure être bien entourée. Son souhait pour l’avenir? Que les missions handicap disparaissent: "Cela voudra dire que les gens ont accepté le handicap".


YOUPHIL Rédaction | Elsa Maudet | 19/01/2015

Catégories : Aucun

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